L Ours Montagne Critique Essay

Un régal d’animation scandinave où l’on retrouve toute la force poétique de Miyazaki, visiblement grande source d’inspiration du réalisateur Esben Toft Jacobsen.

L’argument : Jonathan et Sophie passent les grandes vacances chez leur grand-père à la montagne. Alors que Jonathan se dispute avec sa petite sœur, celle-ci franchit la porte du jardin, malgré les avertissements du grand-père : soudain enlevée par un ours gigantesque, elle disparaît dans une immense et mystérieuse forêt... Mort d’angoisse, Jonathan part aussitôt à sa recherche.
C’est le début d’une aventure palpitante, au cœur d’un univers enchanté et menaçant, peuplé de créatures étranges ...

Notre avis : Diffusé au festival d’animation d’ Annecy, mais aussi à la 61e Berlinale (toujours signe d’une grande qualité pour ce genre de production), L’ours montagne dégage un charme fou. Immédiatement, il convoque à l’esprit la plus grande des références contemporaines : Hayao Miyazaki : on retrouve ici le même regard que celui que le maître porte sur l’enfance, ainsi que ses fantasmes d’une nature étrange et empreinte de mythologie (elle est habitée par un ours géant), immense (on ne connaît pas ses limites) et donc totalement inaccessible pour l’homme qui ne peut la dompter (ce n’est pas faute d’essayer, pour le chasseur, grand méchant du film).

Le point de départ est proche de Mon voisin Totoro, deux jeunes gens, grand frère, petite sœur, partent à la campagne, chez un grand-père isolé de tout, dont l’unique voisinage est une gigantesque coulée verte qui s’étend à perte de vue. Lors d’un incident de jeu, la petite fille disparaît dans les bois et son frère part, pour une grande partie du métrage, à sa recherche... Point de Totoro ou de chat bus dans cet environnement champêtre digne d’un conte de fées, mais un ours, grand comme une colline, recouvert de végétaux qui lui poussent sur le dos, alors qu’il hiberne. La créature prédatrice se fond dans le paysage et devient le nounours de l’enfant. Un rapport de protection inhérent au film pour les plus petits. C’est charmant.

Sans déployer réellement d’éléments magiques, L’ours Montagne d’Esben Toft Jacobsen dégage une force poétique vivifiante, prenant le temps de relater les choses sans se plier au diktat du bruit ou à celui d’un trop plein d’action. On se laisse bercer par son ambiance bio à mi-chemin entre la légende nordique et la fantasmagorie nipponne. On en ressort sous le charme.

Frédéric Mignard

Publiée le 08/11/2012

Hormis cet « Ours montagne » je serais bien en peine de citer un autre film d’animation danois. Néanmoins ce premier film d’Esben Toft Jacobsen est un petit bijou d’animation qui n’est pas sans rappeler dans sa thématique d’harmonie avec la nature et d’aventure où les héros sont des enfants le cinéma de Miyazaki. L’idée de cet ours gigantesque qui comme les arbres voit la végétation se développer sur son dos comme une colline mouvante n’est pas sans évoquer une sorte de Moby Dick forestier poursuivi par un chasseur sorte d’Achab terrestre, entraîné dans une chasse aussi désespérée que son aïeul littéraire. Visuellement c’est superbe et donne une réalité enchanteresse à une forêt au bestiaire original et comique : oiseaux noirs cousins éloignés du Scratch de « L’âge de glace » ou élans miniatures vindicatifs comme des béliers. Les personnages des enfants sont plutôt réussis bien que classique dans leurs caractères. L’histoire est assez simple, le public premier étant quand même les enfants, mais tout de même prenante grâce à un humour toujours présent. Agréable, poétique, beau à regarder, un film à savourer même sans l’excuse des enfants.

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